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La révolte des médecins contre le projet de loi de Marisol Touraine

31 Déc La révolte des médecins contre le projet de loi de Marisol Touraine

Communiqué de presse

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a réussi à susciter la révolte d’une grande partie des médecins, qui se sont mis en grève. C’est son projet de loi relatif à la santé qui motive leur colère.
Il s’agit d’un texte volumineux et d’une lecture difficile, qui fleure bon le langage technocratique. Dans un style ampoulé très “techniques de com”, il annonce ainsi sa volonté de : “rassembler les acteurs de la santé autour d’une stratégie partagée” (on voit le résultat de ce “rassemblement” !); “soutenir les jeunes par l’égalité des chances en santé” (pas de socialisme sans invocation de “l’égalité” !); “faciliter au quotidien les parcours de santé” (les “parcours” sont à la mode : ils envahissent tout, y compris l’enseignement supérieur…); “renforcer les outils proposés aux professionnels pour leur permettre d’assurer la coordination du parcours de leur patient” (on reconnaît la fameuse “boîte à outils” du président François Hollande); “ancrer l’hôpital dans son territoire” (on ne sait jamais, des fois qu’il dérive comme un bateau ivre…); et “renforcer l’animation territoriale conduite par les agences régionales de santé” (après avoir sévi dans la politique de la ville, “l’animation” se propage donc à la santé…).

Rien que pour son jargon, le projet de loi motiverait déjà la grève des médecins. Mais c’est son contenu qui les inquiète encore plus. Les grévistes dénoncent en effet “l’étatisation insupportable” de la médecine qu’il réalise, et dénoncent “l’aveuglement” de Marisol Touraine. Sont notamment en cause : la généralisation du tiers payant, l’extension du “médecin traitant” aux moins de 16 ans, la délégation de certaines tâches médicales à des non-médecins (notamment des vaccinations aux pharmaciens), la création d’un “service territorial de santé” plaçant la médecine libérale sous la tutelle des hôpitaux publics, et l’interdiction des dépassements d’honoraires aux cliniques qui participent au service public hospitalier. La grogne est telle que la ministre vient, le 29 décembre, d’amorcer un recul sur ce dernier point.

Mais le pire, sans doute, c’est que ce projet n’apporte pas de solutions aux vrais problèmes rencontrés par les malades, notamment aux problèmes de désertification médicale et d’engorgement des services d’urgence des hôpitaux.
Marisol Touraine réalise ainsi le tour de force de mécontenter les médecins sans même avoir pris à bras le corps les vrais problèmes de santé publique.

(Photo : © European Union 2014 – EP)

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