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Crise du porc : la solution manquée de la méthanisation.

18 Août Crise du porc : la solution manquée de la méthanisation.

Communiqué de presse

La gravité de la crise du porc invite à s’interroger sur ses causes, qui sont multiples. Ses causes principales sont aujourd’hui bien connues : ouverture imprudente des frontières, utilisation de travailleurs “détachés” sous-payés en Allemagne, ou encore embargo russe provoqué par l’Union européenne.

Mais une cause secondaire mérite d’être mise en lumière : il s’agit du retard de la France à mettre en oeuvre la méthanisation, très développée en Allemagne.

La méthanisation consiste à produire de l’électricité à partir du gaz issu de la fermentation du lisier. Elle permet aux éleveurs de porcs de s’assurer un intéressant complément de revenus, permettant de viabiliser leur élevage. Le premier élevage porcin français à avoir tenté l’aventure est situé dans l’Ain et comporte 450 truies. Il perçoit environ 65 000 euros par an de vente d’électricité. En outre, il réalise une économie de frais de chauffage qui compense exactement le coût des frais de maintenance de l’installation de méthanisation, soit environ 15 000 euros par an.

Le coût de construction d’une installation de méthanisation est toutefois élevé : il est de l’ordre de 500 000 euros. Sans aide suffisante, il est donc difficile de se lancer. Or la France a tardé à financer ce type d’installations, ce qui explique qu’il n’y en ait que 180 aujourd’hui. Dans le cas de l’élevage de l’Ain, la région Rhône-Alpes a d’ailleurs suppléé l’Etat.

L’Allemagne, par comparaison, a voté en 2000 une loi dite “EEG” qui garantit des aides et un prix d’achat élevé de l’électricité ainsi produite, au nom du soutien aux énergies renouvelables. Résultat : il y a aujourd’hui 8 000 installations de méthanisation en Allemagne.

En dehors du recours aux travailleurs détachés, cette politique de méthanisation est donc une autre raison de la compétitivité du porc allemand. On peut par conséquent déplorer une fois de plus l’imprévoyance des gouvernements successifs qui ont dirigé la France depuis vingt ans.

Les propos tenus sur ce site n'engagent que leur auteur et non pas le Parlement européen.